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Interview de Stéphane Gori, Stefdistribu : « Donner une seconde chance à des jeunes est une fierté »

Stéphane Gori gère l'entreprise Stef'Distribu, spécialisée dans la production, le conditionnement et la distribution de jeunes pousses. Il collabore depuis une dizaine d'années avec le Geiq Fruits & Légumes Provence. Retour sur son expérience !

Pouvez-vous présenter votre entreprise ?

Je dirige une structure à Châteaurenard, Stef’Distribu, spécialisée dans le conditionnement de salades : jeunes pousses, mâche et épinards.

Au départ, je suis producteur, mais j’ai évolué de producteur à emballeur et expéditeur. Je travaille avec d’autres producteurs dans la région, en France et en Europe. Mon chiffre d’affaires se partage entre les grossistes, 70% environ, les moyennes et grandes surfaces (30%), et un peu de restauration professionnelle.

Combien avez-vous de salariés ?

Nous avons 15 salariés permanents. Deux ou trois intérimaires viennent nous aider pendant la saison, et j’embauche chaque année un ou deux salariés en alternance via le Geiq Fruits & Légumes Provence, spécialisé dans l’expédition de fruits et légumes.

Avez-vous des difficultés de recrutement ?

Non, car nous avons plusieurs postes qui ne nécessitent pas de qualifications spécifiques. Nous pouvons donc recruter des personnes sans formation, et nous les formons en interne… Ou via des organismes comme le Geiq. Du fait de la jeunesse de notre personnel, nous avons un certain turnover, mais c’est assez normal.

Pourquoi avoir souhaité collaborer avec le Geiq Fruits & Légumes Provence ?

Notre collaboration avec le Geiq a démarré il y a une dizaine d’années. L’objectif est bien sûr de recruter des salariés pour épauler les équipes permanentes, mais surtout de contribuer à l’insertion par le travail de jeunes qui ont besoin d’être aidés.

En effet, ce sont souvent des jeunes qui sont sortis d’un cadre scolaire ou familial classique. Ils sont dans des situations difficiles, psychologiquement, moralement, ils ont perdu leurs repères. Or, pour moi, l’entreprise, avec ses horaires, le rythme de travail qu’elle impose, les droits et les devoirs qu’on doit y respecter, permet de retrouver un cadre, une forme de stabilité dans une vie pour pouvoir repartir sur de bonnes bases.

En quoi le Geiq vous aide-il à mettre en application ces valeurs que vous portez ?

C’est un rouage essentiel : il recrute les jeunes, les oriente et les forme. Il assure aussi un accompagnement, nous sommes en lien permanent. Et le fait qu’il ait été créé par des expéditeurs est un plus : il a une connaissance précise de notre milieu professionnel et de nos besoins.

Sur quels postes recrutez-vous les salariés du Geiq ?

Dans notre entreprise, certains postes nécessitent une formation, et d’autres moins. Par exemple, le manutentionnaire qui alimente les chaînes de conditionnement en début de ligne ou récupère les colis en fin de ligne n’a pas besoin de formation. Nous pouvons donc les embaucher sur ces postes.

Mais l’avantage qu’ont ces jeunes, c’est qu’ils bénéficient d’une formation professionnelle via le Geiq, ce qui leur permet d’acquérir des compétences et d’avoir des perspectives d’évolution. Et c’est particulièrement vrai dans notre entreprise : comme nous sommes assez petits, nous avons des salariés polyvalents, qui font tour à tour l’agréage, le conditionnement, montent des palettes, préparent les commandes, chargent les camions… Ainsi, en interne, ils ont la possibilité d’apprendre, d’évoluer et d’exercer d’autres tâches : chauffeur, livreur, assistant comptable, administration, gestion de stock, etc.

Avez-vous recruté des salariés du Geiq en CDI ?

C’est une expérience humaine : il y a tous types de profils et d’histoires ! Parmi ceux que nous avons reçus, certains sont partis précocement parce que l’activité ne leur convenait pas. Nous avons aussi eu des jeunes qui, en fin de stage, sont allés faire d’autres formations pour acquérir d’autres compétences. Et puis, certains alternants sont restés et ont été embauchés en CDI : je dirais que depuis une dizaine d’années, ça a été le cas pour 6 ou 7 d’entre eux. Tous ne sont pas restés – souvent pour des questions de parcours et d’évolution de leur vie personnelle – mais ils sont aujourd’hui deux salariés au sein de l’équipe à être issus du Geiq.

Qu’ils soient du Geiq ou intérimaires, souvent, s’ils travaillent bien, je propose un CDI.

Une réussite particulière, un parcours qui vous a marquée ?

Chaque profil, chaque parcours est unique : il est difficile de citer un jeune en particulier. Pour moi, tous sont tous attachants. S’ils sont au sein du Geiq, c’est qu’ils ont eu un moment de faiblesse dans leur vie qui, pour moi, est tout simplement due au fait que lorsqu’on ne grandit pas dans un cadre familial serein, avec une éducation stable, on peut très vite sortir du système scolaire voire du social, et devenir marginal. Pour nous, au sein de l’entreprise, leur donner une seconde chance est une fierté.

Je crois fermement que, quand on a des difficultés dans la vie, une branche peut suffire à s’accrocher, sortir la tête de l’eau, et rebondir. C’est ce petit geste, cette petite main que nous, modestement, avec le Geiq, nous tendons à ces jeunes.

Avez-vous eu des difficultés particulières dans cette collaboration avec le Geiq ?

Pas vraiment. La seule à laquelle je pense, c’est un moment où le Geiq a eu beaucoup de profils étrangers – donc de personnes qui n’avaient pas forcément de titre de séjour sur le long terme. Or, il est difficile de proposer une formation sur deux ans quand le titre de séjour va s’arrêter avant, et de gérer des situations administratives complexes. Et il est aussi difficile pour nous, entreprises, d’investir sur un profil qui ne restera pas.

Pour le reste, j’ai peu de difficultés, car le Geiq définit bien le cadre : l’accompagnement est fluide, il y a le double tutorat… Ce qui peut poser problème, c’est quand on recrute une personne qui une fois dans l’entreprise, s’avère ne pas convenir. Mais ce n’est pas une spécificité du Geiq : c’est la vie d’une entreprise !

Que diriez-vous à une entreprise pour l’inciter à faire appel au Geiq ?

Je dirais que ces jeunes ne sont pas différents de ceux qui arrivent par France Travail ou d’autres organismes. Parfois même, les jeunes qui arrivent par le Geiq sont déjà dans un dispositif qui montre leur motivation… Et ils démontrent parfois plus de volonté que d’autres !

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